
Dans un quartier riche en patrimoine, au milieu de la localité historique de Ghazir, se trouve la maison parentale d’Abouna Yaacoub.
La Congrégation des Franciscaines de la Croix du Liban a restauré la maison, préservant ainsi son aspect libanais vétuste. C’est une maison en pierre de deux étages, accessible à pied, par un chemin ponctué d’arcades, d’arbres et des bacs à fleurs, inondée de sérénité et de souvenirs palpitants. À gauche de l’entrée de la maison, une arcade convertie en sanctuaire nocturne où prient les fidèles devant l’icône du Bienheureux Abouna Yaacoub, éclairée d’un cierge, dans une ambiance enivrée de la senteur des gerbes de fleurs offertes en signe de vénération, comme il est de coutume pour les invités au Liban. Et à droite du hall extérieur, se trouve la porte de la maison.
On y entend l’histoire d’une famille qui a vécu dans la dévotion chrétienne et dans la crainte de Dieu: l’histoire d’un père et d’une mère qui ont éduqué leurs enfants à la foi intègre.
Ici se devine aussi la peine d’un père vertueux et croyant, et l’histoire d’une mère prénommée Chams dont la photographie est accrochée à droite de la porte. Dans son mouchoir, sur son front, dans ses yeux et les signalements de son visage se lisent la décence, la dévotion, la bonté, la foi et la fatigue. Il n’est pas surprenant qu’une dame pareille soit la mère d’un saint. Oui, c’est Chams, femme de vertu qui rassemblait sa famille pour prier le rosaire. C’est Chams, la mère qui de tout temps avait répété à ses enfants, d’autant plus à Khalil: « dans les adversités, prie le rosaire de ta mère… ».
La maison se constitue de trois chambres à coucher, d’une cuisine à l’étage supérieure, de deux chambres de détente à l’étage inférieure. La cuisine où Chams préparait le repas de la famille, est aujourd’hui une église habitée du Saint-Sacrement, nourriture des âmes.

La salle de séjour, quant à elle, avec son balcon donnant sur la mer, est restée la même, attendant les visiteurs d’Abouna Yaacoub pour les accueillir dans la maison parentale. Il en est de même pour la chambre à coucher des enfants, dont la fenêtre sud, toujours parée d’un bouquet de fleurs, donne sur le couvent Saint-Antoine, Khechbaw. De cette fenêtre, ont franchi les premiers murmures de l’appel du Seigneur à Khalil; des murmures célestes qui l’appelaient à se consacrer à la vie monastique, accompagnés des chants de moines capucins qui, à cette époque, vivaient au monastère Khechbaw. Ces moines avaient impressionné Khalil de leurs prières qui retentissaient dans sa chambre à coucher, et il les voyait marcher pieds nus et que les galets des chemins avaient gercés. À cette époque, ces moines ont gravé la personnalité de Khalil depuis sa tendre enfance: ce n’est pas par hasard que Abouna Yaacoub est moine capucin, mais un capucin par la grâce de Dieu, par le climat que sa mère lui avait assuré, et par son engagement personnel…
La maison où Khalil avait grandi et vécu jusqu’à l’âge de dix-neuf ans est un lieu humble qui puise son charme de sa douceur, et séduit le visiteur par sa sérénité et par la piété qui l’habite et le rayonne.
La maison parentale d’Abouna Yaacoub est une école familiale pour les visiteurs venus se désaltérer à un mode différent d’éducation intègre et de formation probe… Une maison pareille ayant regroupé une famille et abrité, avec celle-ci, la face de Jésus et le cœur de Marie, ne peut que produire un saint.
La maison d’Abouna Yaacoub à Ghazir tient, au jour le jour, ses portes grandes ouvertes devant les visiteurs, de 9h30 du matin jusqu’à 5h30 du soir. À leur accueil, ils trouveront l’une des religieuses de la Croix, pour les guider et leur déployer la spiritualité du sanctuaire.
Dans le sanctuaire, le rosaire est récité, à titre quotidien, à onze heures l’avant midi. Le mardi il est, par contre, récité à cinq heures et demi le soir, avant la célébration de la messe à 6 heures.
Les visiteurs fréquentent la maison pour en apprendre davantage sur la spiritualité du Bienheureux Abouna Yaacoub, où il est né et a grandi. Sa maison n’est non seulement un sanctuaire, mais bel et bien un espace de rencontres, d’activités et de symposiums de conscientisation, d’autant plus pour les pères, les mères et les jeunes.
Il est à noter qu’à la suite de la célébration de la béatification d’Abouna Yaacoub le 26 juin 2008, le nombre de croyants venus à son domicile parental a augmenté, cherchant une bénédiction ou une guérison. Depuis lors, un registre spécial a été adopté, qui les aide à écrire leurs dires témoignant de la Sainteté du Bienheureux.